Démissionnaire de Matignon le 6 décembre dernier, l’ancien Premier ministre a automatiquement récupéré son siège de député de l’Essonne un mois plus tard. Occupé par la campagne de la primaire socialiste jusqu’au 29 janvier, il a ensuite décidé de prendre quelques semaines de repos après sa cuisante défaite au second tour face à Benoît Hamon. Et la législature s’est terminée le 22 février sans qu’il soit revenu une seule fois au Palais-Bourbon. Mais on suppose qu’il a vu la couleur de ses indemnités parlementaires.

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C’est un redoutable effet pervers de la révision constitutionnelle de 2008 voulue par Nicolas Sarkozy. Parmi les mesures votées par le Congrès (Assemblée nationale et Sénat réunis à Versailles) d’alors, le recouvrement automatique de son siège parlementaire par un ministre ou secrétaire d’État quittant le gouvernement.

Cet effet pervers avait déjà été constaté en septembre 2014 lors de l’affaire Thévenoud. Débarqué du gouvernement après 9 jours seulement pour fraude fiscale, l’éphémère secrétaire d’État au Commerce extérieur était redevenu député de Saône-et-Loire, ce qui avait scandalisé des centaines de milliers de Français.

Le scandale est moindre cette fois, mais si l’on consulte les statistiques de présence de Manuel Valls à l’Assemblée nationale, on constate qu’il n’y a tout simplement pas remis les pieds une seule fois.

Quelle justification y a-t-il, dans ce cas, à ce que les contribuables lui versent chaque mois 12.870 euros, sans compter son crédit collaborateurs de 9500 euros mensuels, qui lui sert à rémunérer Carlos da Silva, son suppléant pendant ses 4 ans et demi Place Beauvau puis à Matignon et désormais à nouveau son assistant parlementaire ?

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