Les travaux de ce jeune chercheur lyonnais seraient probablement passés inaperçus sans son interview par Mediapart.

Benjamin Monnery, docteur en économie, a voulu vérifier le plaidoyer (pro-domo) des parlementaires népotiques pour travailler en famille : ils seraient, selon eux-mêmes du moins, plus efficaces.

Avec la publication le 21 février par l’Assemblée nationale et le Sénat de la liste des noms des assistants parlementaires, le travail a été plutôt aisé pour Monnery.

Il a d’abord croisé cette liste avec les noms de leurs employeurs (1), puis, pour les parlementaires employant un proche comme assistant(e), avec les données du collectif Regards Citoyens (NosDéputés.fr et NosSénateurs.fr), qui établissent l’assiduité des parlementaires et leur degré de participation au travail législatif.

Et les faits disent exactement l’inverse de ce que voudraient nous faire croire les parlementaires népotiques, à savoir que ceux qui emploient un proche sont, en moyenne, sensiblement moins actifs que ceux qui ne le font pas.

Extrait :

En moyenne et toutes choses égales par ailleurs, on estime ainsi que les parlementaires employant un membre de leur famille ont été moins présents de 1,2 semaine sur l’année écoulée, ont assisté à 6 réunions de commissions en moins, et sont intervenus près de 30% de moins en commissions que les autres parlementaires. Ces parlementaires rendent également sensiblement moins (-13% environ) de rapports parlementaires, et font adopter moins d’amendements. […] En moyenne et toutes choses égales par ailleurs, l’emploi familial pratiqué par les parlementaires n’est donc associé positivement à aucun type d’activité observable. Au contraire, les estimations montrent que l’embauche de collaborateurs familiaux est associée à une moindre activité des parlementaires selon plusieurs indicateurs.

(1) Ce qui pose le problème, comme le reconnaît l’auteur, des parlementaires qui mentionnent le nom de jeune fille de leur épouse-assistante, comme l’a longtemps fait Thierry Solère.

Observatoire Corruption

Contribuables Associés contre la corruption et pour la transparence de la vie publique.