Le Sénat. Un Paradis Fiscal Pour Des Parlementaires Fantômes

Comme le révélait récemment le site du Point, les sénateurs ont autorisé par un vote leur président, Gérard Larcher, à poursuivre en diffamation le journaliste d’investigation Yvan Stéfanovitch pour avoir dévoilé leurs privilèges.

La « faute » de Stéfanovitch ? Avoir publié en juin dernier un livre, Le Sénat. Un paradis fiscal pour des parlementaires fantômes, où il affirme entre autres que les sénateurs travaillent « 4 à 5 jours par mois pour 11.350 euros net mensuel ».

Le recours des élus à la procédure judiciaire pour faire taire leurs critiques n’est pas nouveau. Cela arrive le plus souvent au niveau local, avec des élus qui utilisent de l’argent public pour traîner leurs opposants et détracteurs devant les tribunaux.

Citons les cas déjà évoqués de Roquebrune-sur-Argens (Var), Aigues-Vives (Gard) ou encore Pont-de-Claix (Isère).

La question qui se pose est : Stéfanovitch dit-il la vérité ? Les lecteurs et sympathisants de Contribuables Associés connaissent son nom et le sérieux de ses enquêtes, puisqu’il était intervenu au 43e Rendez-Vous Parlementaire du contribuable sur l’inéligibilité à vie des élus condamnés pour corruption, aux côtés des députés Cinieri (Loire) et Morel-À-L’Huissier (Lozère).

Si l’on regarde les faits, ce qu’avance le journaliste dans son livre est hélas avéré, comme on pouvait le voir dans l’édition de janvier 2015 du magazine de France 3 « Pièces à Conviction », qui faisait un inventaire complet des avantages des sénateurs :

Gérard Larcher, après avoir autorisé France 3 à mener son enquête, en avait déclaré « inacceptables » les conclusions au lendemain de sa diffusion. Il avait même saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), une démarche peu éloignée d’une tentative de censure. Le CSA avait par la suite rappelé à l’ordre la chaîne qui n’avait fait qu’exposer des faits embarrassants pour les sénateurs. Ce qui était « inacceptable » à Gérard Larcher, c’était peut-être surtout le caractère public de ces révélations. Le président de la Chambre Haute va encore plus loin cette fois avec une procédure judiciaire dont, du fait de l’exactitude des informations fournies par Yvan Stéfanovitch, l’issue devrait être heureuse pour le journaliste.

Mais cette entrave à la liberté de la presse en dit long sur le chemin qui reste à parcourir vers la transparence de la vie publique.

Observatoire Corruption

Contribuables Associés contre la corruption et pour la transparence de la vie publique.

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