Élu député, François Ruffin annonce qu’il se paiera au smic. Sans aller jusque-là, la question se pose à nouveau : quel serait un juste niveau d’indemnisation pour les élus ?

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Il l’avait annoncé, il s’engage à le faire : François Ruffin, auteur des Petits soldats du journalisme et réalisateur de Merci Patron ! annonce qu’il se rémunérera au smic. On suppose qu’il ne compte que l’indemnité de base du député (5782,66 euros nets mensuels) et non l’indemnité globale, d’environ 11.600 euros nets par mois en comptant les 5840 euros d’IRFM (source).

Plus modéré, le chroniqueur de France Inter Guillaume Meurice proposait pendant la campagne présidentielle de rémunérer les parlementaires au salaire médian, soit environ 1700 euros nets par mois, sans dire s’il incluait ou non l’IRFM :

Ces propositions, si elles sont jugées « démagogiques » par certains, ont le mérite de poser le débat du niveau d’indemnisation des élus. Ceux-ci méritent sans doute davantage que le smic ou même que le salaire médian, mais 11.600 euros nets ne constitue-t-il pas l’extrême inverse ? Comme le dit le vieil adage, poser la question, c’est y répondre.

Nous avons, pour notre part, apporté notre contribution à ce débat salutaire par l’intermédiaire de notre commentateur, Jamas, qui proposait lui de ne pas payer davantage un parlementaire que l’est en moyenne un patron de PME, soit 4000 euros nets par mois.

Parmi ces propositions, deux évidences s’imposent :

  1. Le niveau d’indemnisation des parlementaires doit évoluer
  2. Et cette évolution doit se faire à la baisse

Observatoire Corruption

Contribuables Associés contre la corruption et pour la transparence de la vie publique.
  • reiller

    Il faudrait déjà savoir combien ils sont payés; pour moi c’est de l’ordre de 20/ 25 000€ par mois. Car il y a l’IRFM non contrôlé, le budget collaborateurs pas plus contrôlé dans son usage, des tas d’à cotés bizarres (budget informatique, courrier, voyages en train et avion, forfaits taxis,….la liste complète m’est inconnue); ils sont logés (d’une manière archaïque) à l’assemblée….
    Tout cela n’a ni queue ni tête, et une sérieuse remise en ordre parait nécessaire, pour arriver à une convention qui ressemble à un contrat de travail normal qui ne transforme par le représentant du peuple en un patron de PME non soumis à la loi.
    Et puis ,et c’est pour moi le plus dévastateur pour notre démocratie, il faut cesser tout paiement à ceux qui ne viennent plus faire leurs trois jours( je crois que c’est cela) de travail par semaine à Paris. Des champions de l’absentéisme ont d’ailleurs été réélus ,alors que sur internet tout est dit sur ce sujet; ce qui signifie que les français votent pour les combines locales du clientélisme et non pour le député de la nation.

    • Parmi les absentéistes professionnels réélus, la palme revient sans doute à Bernard Brochand : https://www.nosdeputes.fr/bernard-brochand https://uploads.disquscdn.com/images/22a938c32a06f582e8bd34ce28d8da0782c0be11eb1e790be53a698424f997fd.jpg

      • reiller

        C’est vous qui le dites! Il y en a d’autres dans le top 10 qui ont été réélus, ce qui quand même fait réfléchir au fonctionnement de notre démocratie.
        Cela dit je persiste, comment pouvons dépenser de l’ordre de 20/25 000€ par mois pour cela?

    • jamas

      La loi est une et universelle pour tous les français, les personnes physiques, les personnes morales d’ordre privé, les personnes morales d’ordre public.
      -4 000 €. nets mensuels pour l’indemnité de base, c’est un référant, comparé au salaire moyen d’un patron de PME simplement pour se donner une idée de la charge de travail et des responsabilités de l’un et de l’autre. J’aurais pu prendre comme base comparative un maire de ville moyenne de 100 à 200 000 habitants, c’est à peu près son niveau de rémunération. A travail égal salaire égal dit l’adage ! A contrario des gens de l’exécutif un député n’a pas de responsabilité décisionnelle d’exécution dans sa mission, c’est important à signaler. Ca n’est pas un ministre qui doit trancher dans le vif, dans l’intimité de sa conscience, quelquefois durement, en se faisant violence. Un député est guidé, cadré par son groupe parlementaire. Ca limite grandement la responsabilité de l’engagement.
      -En outre il faut rendre l’IRFM remboursable sur justificatifs comme là encore ça se passe dans toutes les entreprises de France et de Navarre comme on dit, et la plafonner (5700 € mensuels à l’assemblée, à peu près autant au sénat, c’est bien beaucoup à mon avis sachant que pour beaucoup il en reste une bonne partie en fin de mois qui termine dans la poche du parlementaire).
      -La suppression de la réserve parlementaire : bon ça c’est quasi fait, du moins j’espère.
      -La suppression des régimes spéciaux de retraite, ça devrait se faire selon les engagement du P.R. Mais, mais … ça reste quand même à voir…
      -Et puis il y a tous les avantages annexes dont vous parlez. Il y en a dans tous les coins, de l’indemnité de logement au pastis à la buvette de l’assemblée ou du sénat à des prix défiant toute concurrence, pour lesquels il faudrait également remettre de l’ordre et de la mesure car c’est aussi de l’argent public sorti de la poche des contribuables riches, ou pauvres. Pour ces avantages  »subalternes » c’est valable dans beaucoup d’établissements publics. Aux foyers des casernes militaires ou aux mess, les tarifs des consommations n’ont pas grand chose à envier à ceux de l’assemblée ou du sénat.

      En fait tous ces avantages sont comme les indemnités sociales ou les niches fiscales dans tous les coins. Tout cela date d’un temps où le pays était à l’aise financièrement. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Notre situation financière s’est énormément dégradé depuis quarante ans. Mais les avantages sont restés. Ceci d’ailleurs essentiellement du fait que nos parlementaires en question, qui ont rappelons-le mission de contrôler les comptes de l’état, n’ont pas fait leur boulot consistant à adapter nos largesses financières aux moyens du moment.
      Double raison donc de reconsidérer leur situation !

      • reiller

        Je mets de coté le difficile débat que doit faire un parlementaire comme type de travail: on peut aller soit vers des représentants miroirs du peuple, donc faisant un travail de jury; soit constater qu’il faut une compétence sérieuse et pointue du type manager plus que technicien. C ‘est pour moi cela qui justifie le niveau de paye. Et je ne crois pas trop à la première orientation, d’où une certaine mansuétude sur le niveau de paye. Et puis avoir des gens bien et efficaces ça se paye!
        Ce qui me parait inacceptable c’est le reste: toutes ces bourses mises à disposition, qui montrent bien l’absence de contrôle de notre parlement. Et même très riche personne ne peut se permettre de confier ainsi une parcelle de pouvoir sans surveillance. Vous citez des avantages accordés par d’autres organisations, mais celles ci sont soumises à un contrôle budgétaire. Rien de tel ici !

        • jamas

          Mon député de l’époque m’a dit une fois que sur le terrain , dans sa circonscription, il se considérait un peu comme une super-assistante sociale !! De droite il a certainement arrangé un certain nombre de situations personnelles. Mais en 4 mandatures, combien de budgets étatiques déficitaires a t-il validé docilement ? Et pour quel montant de déficits cumulé en centaines de milliards €. ?
          E. Faure, ancien président de l’assemblée nationale était parait il réputé pour accorder des exemptions de service militaire aux jeunes concitoyens qui venait lui demander audience dans sa permanence locale. Grand fumeur de pipe, les maitres pipiers de Saint Claude l’ayant intronisé grand maître de la confrérie, ont été remercié par une niche fiscale bien connue.
          Un député, ça sert à tout.
          Mais au delà des petits arrangements, un député a à mon sens 3 boulots essentiels :
          1- De l’aval vers l’amont  »sentir » sa circonscription et faire remonter les infos à Paris,
          2- De l’amont vers l’aval voter (ou pas) en son âme et conscience et dans le sens de l’intérêt général du pays (et pas de sa circonscription car il est élu national) les textes de loi qui lui sont proposés,
          3- contrôler l’action de l’exécutif, notamment l’utilisation des ressources et moyens mis à disposition.

          • reiller

            Vous connaissez bien le discours officiel.
            Je dis clientélisme pour la super assistante sociale, qu’il vaudrait mieux appeler piston, ou trafic d’influence.
            Je dis non à la remontée d’info. du bas vers le haut: ils ne rencontrent que leurs groupes ou les quémandeurs, pas le peuple. Pour vraiment sentir les choses, ils devraient continuer à travailler dans leurs postes d’origine. Et puis des voies de remontée d’info. il y en a d’autres nombreuses des maires jusqu’aux services de police! Enfin ils sont là pour représenter le peuple, pas pour l’assister…
            Contrôler l’efficacité des services publics fait partie de leur mission, mais ils refusent de le faire; il faut dire qu’étant en majorité des fonctionnaires et assimilés, le conflit d’intérêt est permanent.
            Reste voter la loi, qu’il font très mal, sans doute par inorganisation des assemblées; et puis ils sont trop nombreux pour travailler correctement.
            Et ne pas oublier ils sont là pour faire le spectacle du pouvoir en action; et là ils sont mauvais mauvais, et ne méritent pas leur cachet.

          • jamas

            Je suis d’accord là dessus.
            Vous avez raison, les remontées d’info à Paris peuvent se faire de différentes manières même si les R.G. n’existent plus.
            Concernant le conflit d’intérêt pour le député qui défend sa circonscription au lieu de l’intérêt général national, la solution pourrait venir d’une dose de proportionnelle (j’ai proposé 200 députés élus à la proportionnelle sur un total réduit à 400).
            Il y aurait ainsi une moitié de l’assemblée qui n’aurait pas d’ancrage local malsain.

          • reiller

            Il me semble que dans ma jeunesse il y avait scrutin de liste national; ça obligerait au moins les partis politiques à faire des listes classées, donc à faire un minimum de travail de parti politique!
            Le vide total de nos principaux partis politiques résulte pour moi en grande partie du mode de scrutin actuel et des députés et des sénateurs. Mais il faut dire que la loi de financement actuelle ne les aide pas non plus: trop de variations brutales, à se demander comment ils ont pu inventer cela.